Pourquoi le silence est synonyme de déloyauté dans un family office
Le dirigeant d’une famille a le droit d’entendre ce que personne d’autre n’osera dire. Au sein d’un family office, le silence n’est pas synonyme de neutralité. C’est de la déloyauté. Tous les membres du family office doivent en être conscients, et toute personne recrutant pour un family office doit l’exiger.
La dynamique la plus néfaste au sein d’un family office n’est pas le manque de discernement. C’est le silence. Ce sont les personnes qui constatent un problème et ne le signalent pas. Celles qui édulcorent une évaluation pour préserver une ambiance sereine. Celles qui attendent que le point de vue du chef de famille se manifeste avant d’exprimer le leur. C’est également l’une des dynamiques dans lesquelles un family office peut le plus facilement sombrer, car le chef de famille est, par définition, à la fois le patron, l’actionnaire et celui qui paie les factures.
Les jeux de pouvoir rongent un family office plus rapidement que n’importe quel choc externe. Il n’y a pas de place, au sein d’un family office, pour les tergiversations, la flatterie ou pour laisser le consensus se former autour de la voix la plus forte de la pièce. L’accord entre une famille et les personnes qui travaillent pour elle doit être explicite :
- Un professionnel au sein d’un family office a le droit d’être en désaccord avec le mandant et, lorsqu’il a un avis fondé, il est tenu de l’exprimer.
- Ce désaccord doit être exprimé poliment et accompagné d’une justification claire.
- Une fois que le mandant a pris sa décision, le professionnel s’aligne sur celle-ci et l’exécute sans résistance.
Tel est le contrat. Il s’applique aux deux parties et ne fonctionne que si chacune le respecte.
Pour les familles qui recrutent au sein d’un family office
Lorsque vous recrutez pour votre family office (un PDG, un directeur des investissements, un adjoint), énoncez clairement cette exigence, par écrit si nécessaire. Dites au candidat que vous attendez de lui qu’il exprime son désaccord avec vous. Précisez-lui que vous évaluerez ses performances en partie sur sa volonté de le faire. Puis, au cours des premières semaines, cherchez des signes indiquant qu’il le fera. Les candidats qui ne remettent jamais en question ne sont pas les plus loyaux. Ce sont eux qui ne vous alerteront pas au moment où cela compte le plus.
De même, ne sanctionnez pas la dissidence lorsqu’elle se manifeste. La première fois qu’un cadre supérieur conteste une décision et que le dirigeant réagit mal, tous les autres membres du family office en prennent note, et le silence s’installe. Une famille qui souhaite recevoir des conseils honnêtes doit faire en sorte que ces conseils puissent être donnés en toute sécurité.
À l’intention des professionnels travaillant au sein d’un family office
L’excuse la plus courante pour garder le silence (« la famille n’est pas prête à entendre cela ») est inacceptable. C’est précisément parce que la famille n’est pas prête à entendre quelque chose que quelqu’un doit le dire. Si vous avez un avis fondé et que vous ne l’exprimez pas, vous ne protégez pas la famille. Vous vous protégez vous-même.
Exprimez-vous poliment, en exposant clairement votre raisonnement, et de manière officielle. Faites connaître votre position avant que la décision ne soit prise, et non après. Une fois la décision prise, soutenez-la sans faire la moue et mettez-la en œuvre comme si c’était la vôtre. Telle est la discipline inhérente à ce rôle.
Le silence n’est pas neutre. Dans un family office, le silence est synonyme de déloyauté.
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