Comment les family offices peuvent-ils rester à l’abri de la volatilité des marchés : nos conseils
La volatilité est une source d’inquiétude pour les investisseurs rémunérés à la valeur de marché. Ce n’est pas nécessairement le cas pour les familles. En adoptant la bonne attitude, un family office peut considérer la volatilité comme une caractéristique de l’environnement plutôt que comme une menace : acheter lorsque les marchés baissent, alléger ses positions lorsqu’ils remontent, et le plus souvent, ne rien faire du tout.
Le secteur du conseil avertit régulièrement les familles qu’elles doivent « se préparer à la volatilité ». Ce discours passe à côté de ce qu’est réellement une famille et de ce qu’un family office peut choisir d’être.
La volatilité est un concept institutionnel. Elle revêt une importance capitale pour quiconque vit et meurt au gré de la valorisation au prix du marché : les gestionnaires de fonds en fonction de l’écart de suivi, les banques en fonction de la VaR quotidienne, les investisseurs professionnels dont les résultats sont publiés chaque trimestre. Les familles ne font pas l’objet de rapports trimestriels. Elles ne sont pas rémunérées en fonction de l’écart de suivi. Elles n’ont pas besoin de valoriser un actif au prix du marché, sauf si elles ont besoin de liquidités.
Et les familles ont rarement besoin de liquidités, à condition que le family office soit structuré pour garantir cette autonomie. Notre conseil aux familles est de mettre activement en place cette immunité, plutôt que de la considérer comme acquise. Concrètement, cela se traduit par quelques principes clairs :
- Adapter le niveau de trésorerie aux besoins réels de la famille, et non à la nervosité des marchés. Un family office qui détient suffisamment de liquidités pour honorer ses engagements sur l’horizon concerné n’a jamais à vendre en période de baisse.
- Rédiger la politique d’investissement comme si l’écart de suivi n’existait pas. Car, pour la famille, il n’existe pas. Le point de référence est l’objectif de préservation et de croissance à long terme de la famille, et non l’indice, ni les pairs, ni les gros titres trimestriels.
- Définir à l’avance la conduite à tenir en cas de baisse. Lorsque les marchés chutent, une famille disposant d’un capital patient doit se positionner du côté des acheteurs, et non de celui des vendeurs. Cette position est bien plus facile à maintenir lorsqu’elle a été convenue par écrit, dans un contexte plus serein, plutôt que décidée à la hâte dans un moment de panique.
- Déterminez à l’avance comment il se comportera en cas de reprise. Lorsque les marchés progressent fortement, il est peut-être temps d’alléger les positions. Là encore, c’est plus facile lorsque la règle a été fixée à l’avance.
- Protégez la famille contre les conseillers dont le modèle économique repose sur la volatilité. Avec courtoisie, mais fermeté. Quiconque voit ses revenus augmenter lorsque la famille effectue des transactions est incité à pousser la famille à effectuer ces transactions. Le rôle du family office est d’éliminer ce risque.
Le principe sous-jacent est simple. Pour un family office, la volatilité s’apparente davantage à une caractéristique de l’environnement qu’à une menace pour le portefeuille, mais seulement si le family office a été conçu dans cette optique. S’il est structuré différemment, cette même volatilité devient une source récurrente de mauvaises décisions, prises sous pression, contraires aux intérêts à long terme de la famille.
← Retour aux Insights et Guides