Définition : le « club deal » des family offices

Plus des deux tiers des investissements des family offices sont réalisés par le biais d’un mécanisme dont la plupart des personnes extérieures n’ont jamais entendu parler. Il ne s’agit ni d’une structure de fonds, ni d’une plateforme, ni d’un consortium. Il s’agit d’un « club deal », qui repose entièrement sur la confiance.

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En bref

  1. Selon le Global Family Office Deals Study 2025 de PwC, 69 % des investissements des family offices au premier semestre 2025 ont pris la forme d’un club deal.
  2. Une famille mène l’opération, conduit l’essentiel des vérifications préalables et structure la transaction, avec quelques co-investisseurs de confiance à ses côtés. Ni prospectus, ni agent de placement, ni commercialisation.
  3. Les familles conservent l’intégralité de leurs droits de gouvernance, aucune couche de frais ne s’ajoute et la courbe en J disparaît. Les co-investisseurs sont des personnes que la famille chef de file a déjà mises à l’épreuve.
  4. Les club deals ne circulent pas. L’accès dépend de relations construites sur des années, ce qui plaide contre une externalisation trop large et trop précoce.

Selon l’étude « Global Family Office Deals Study 2025 » de PwC, 69 % des investissements des family offices au premier semestre 2025 ont pris la forme d’un « club deal ». C’est un chiffre remarquable pour un mécanisme qui opère dans un silence quasi total.

Ce qu’est un « club deal », et ce qu’il n’est pas

Un « club deal » est un accord de co-investissement entre un petit nombre de single family offices. Une famille joue le rôle de chef de file : elle identifie l’opportunité, mène la due diligence initiale et structure la transaction. Une poignée de co-investisseurs de confiance y participent à ses côtés, souvent sur la base d’une simple conversation, car la relation s’est construite au fil des années.

Les types d’opérations qui prennent cette forme sont presque toujours de grande envergure : acquisitions complètes d’entreprises privées, opérations de privatisation, et positions importantes dans les infrastructures ou l’immobilier. Il s’agit d’opérations pour lesquelles un family office seul pourrait ne pas souhaiter prendre l’intégralité de la position, que ce soit pour des raisons de concentration, pour l’expertise supplémentaire qu’apporte un co-investisseur, ou simplement parce que le partage de la position réduit le coût de la due diligence.

Un « club deal » n’est pas une levée de fonds. Il n’y a ni prospectus, ni présentation aux investisseurs, ni agent de placement, ni aucune forme de commercialisation. La liste des investisseurs n’est jamais rendue publique. Tout se déroule en toute discrétion, au sein d’un cercle forgé au fil des années par des transactions communes et une confiance partagée.

Pourquoi les familles y ont-elles recours ?

Les avantages structurels d’un « club deal » par rapport à un fonds sont considérables. Les familles conservent l’intégralité des droits de gouvernance. Il n’y a pas de couche de frais entre l’investisseur et l’actif. La courbe en J est éliminée : le capital est directement injecté dans l’opération, et non dans un fonds en attente d’appel de fonds. Et les co-investisseurs sont des personnes que la famille chef de file a déjà testées : des personnes qui comprennent la logique à long terme de la transaction, qui n’imposeront pas de sortie prématurée et qui apportent une expertise complémentaire.

La dynamique « si c’est assez bien pour vous, c’est assez bien pour moi » qui régit les décisions de co-investissement n’est pas naïve. Elle est rationnelle. Lorsque vous avez observé un co-investisseur à l’œuvre pendant dix ans, vous n’avez pas besoin de procéder à une deuxième due diligence complète. Vous déléguez en effet à quelqu’un dont vous avez déjà validé le jugement.

Le problème de l’accès, et pourquoi il est important

Rien de tout cela n’est accessible à une famille qui n’a pas fait le travail nécessaire pour nouer les bonnes relations. Les opérations de type « club deal » ne circulent pas. Elles ne sont répertoriées sur aucune plateforme. Une famille qui fait partie du cercle depuis vingt ans (présente aux dîners, réputée pour aller jusqu’au bout des choses, à qui l’on fait confiance pour conserver une position sans créer de complications) bénéficiera d’un flux d’opportunités régulier. Une famille qui ne l’a pas fait n’en bénéficiera pas.

C’est l’un des avantages structurels les moins évoqués du single family office : la capacité, au fil du temps, à construire le type de réseau qui génère un flux d’opportunités exclusif. C’est également l’un des arguments contre une externalisation excessive et prématurée. La confiance, dans ce contexte, est véritablement la monnaie d’échange. Ce n’est pas une métaphore.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un « club deal » dans le contexte d’un family office ?

Un « club deal » est un accord de co-investissement dans le cadre duquel plusieurs single family offices s’associent pour acquérir une participation dans une entreprise privée, réaliser une opération de privatisation ou investir dans un grand projet d’infrastructure ou immobilier. Contrairement aux fonds de capital-investissement traditionnels, les « club deals » n’impliquent ni levée de fonds auprès du public, ni campagne de commercialisation formelle, ni gestionnaire de fonds externe. La famille chef de file identifie l’opportunité, effectue la due diligence principale et invite un petit nombre de co-investisseurs de confiance à participer. Selon l’étude « Global Family Office Deals Study 2025 » de PwC, 69 % des investissements des family offices au premier semestre 2025 ont pris cette forme.

Pourquoi les family offices préfèrent-ils les « club deals » aux fonds de capital-investissement ?

Les « club deals » offrent aux family offices un contrôle, une rapidité et une cohérence que les structures de fonds ne peuvent égaler. Les familles qui co-investissent directement conservent une visibilité totale sur l’actif, participent à toutes les décisions de gouvernance et évitent les multiples niveaux de frais ainsi que la dilution des rendements propres aux structures de fonds. Elles investissent également aux côtés de personnes en qui elles ont déjà confiance (et qui partagent le même horizon à long terme) plutôt qu’aux côtés de commanditaires anonymes. L’effet de courbe en J est éliminé : les capitaux sont déployés directement dans l’actif, et non détenus dans un fonds en attente d’appel de fonds.

Comment un family office accède-t-il aux « club deals » ?

Les opérations de type « club deal » ne sont pas diffusées publiquement. Il n’existe ni plateforme dédiée, ni campagne de marketing, ni annonce auprès d’un pool d’investisseurs. Elles sont proposées au sein de cercles constitués au fil des années : des familles ayant déjà co-investi, des conseillers ayant gagné la confiance lors de transactions antérieures, et des opérateurs ayant travaillé aux côtés de la famille chef de file. L’accès se mérite grâce à un historique de performances et à des relations, et non en postulant auprès d’un fonds. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’établissement de relations dès le début constitue une priorité stratégique pour les family offices sérieux.